Coup de coeur - Coup de griffe
CŒUR - On avait pu le croire un peu retiré des affaires, hors du monde. Dieu merci, il n'en est rien. Revoici, à la faveur toujours de ce dossier fiscal (lire texte principal), l'une des plus grandes voix, à coup sûr l'une des plus profondes et des plus sonores, du Barreau genevois, Me Michel Halpérin. Au matin de ce lundi 20 août, quand dormait encore la classe politique, quand les membres mêmes de sa famille de pensée étaient aux abonnés absents, les lecteurs du Temps ont pu découvrir sa prose: «Notre pays, une fois de plus, fait preuve de servilité à l'égard de l'étranger. Tout Etat qui requiert contre la Suisse est à peu près assuré d'être satisfait». Il fait parfois du bien d'ouvrir le journal. Pour la solitude d'une plume ou la colère d'une voix. Merci, Me Halpérin.
GRIFFE - Non, mais vous l'avez entendu, leur ton? Dans les affaires fiscales de la Suisse avec l'étranger, ils se comportent comme des Fouquier Tinville, des Savonarole. Réclament geôles et potences, sanctions exemplaires. Mais certains d'entre eux, des impôts, ils en paient? Rien! Pas un seul kopek! Ou si peu. En valeur absolue, ils n'offrent à la société que leur venin d'hermine. Contre qui? Contre des gens qui, l'air de rien, ayant travaillé toute leur vie, ont quand même, à l'aune de la même valeur absolue, versé à l'Etat des centaines de milliers de francs. Alors il y a un moment où, sans tomber dans des pulsions censitaires, ces freluquets, on a quand même envie de les inviter gentiment à se mettre un peu au boulot. Bosser, oui. Contribuer eux aussi au bien commun. Et, quelques années après, revenir discuter.












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