Chapardage - Récoltes sous haute surveillance

- A l'heure des récoltes, agriculteurs, arboriculteurs, viticulteurs et maraîchers craignent de se faire piller.
- En grogne ou dépités, ils peinent à trouver des parades antivols.
- Le Mandement renforce sa sécurité en engageant un troisième garde-récolte.

Récoltes sous haute surveillance

Récoltes sous haute surveillance

Au Centre de Lullier, les panneaux n’arrêtent pas les chapardeurs.

Au Centre de Lullier, les panneaux n’arrêtent pas les chapardeurs.

Les chapardeurs du dimanche sont particulièrment friands de petits fruits rouges.

Les chapardeurs du dimanche sont particulièrment friands de petits fruits rouges.

Luc Barthassat.

Luc Barthassat.

Un vol de plus! Au Centre de Lullier, ce matin de la mi-août, toutes les pêches blanches ont disparu. Des centaines de kilos envolés. Et ce méfait récent n'est pas isolé. «Au printemps, ce sont 25 cerisiers qui se sont fait piller», relève dépité Marc Miéville, professeur de pratique en arboriculture fruitière. Si pommes et poires sont aussi chapardées pour orner la tarte familiale, les fruits à forte plus-value sont privilégiés par les bandes de voleurs plus organisés. Gilles Miserez, le directeur du Centre de formation professionnelle nature et environnement de Lullier (CFPNE) a estimé la perte annuelle de revenu pour les 45 hectares du domaine à quelque 40'000 francs. L'agence de sécurité GPA a été mandatée pour faire des rondes la nuit et le directeur évoque l'intensification des interventions du poste de gendarmerie de la Pallanterie, les voleurs n'attendant pas que le soleil se couche pour agir. «Juste que la sonnerie de l'école retentisse», note Marc Miéville.

On vole de tout, partout

A chaque vol, c'est le même sentiment de colère et de tristesse. A Lullier, mais aussi chez les maraîchers, vignerons, agriculteurs, arboriculteurs du canton. Du simple chapardage au vol de grande envergure, le phénomène est en constante augmentation et les professionnels du monde agricole peinent à trouver des parades. «On vole de tout. Même les barrières antivol qu'on avait placées l'an dernier, c'est tout dire», plaisante à demi-mot le professeur Miéville.«Le 10 mai, mon tracteur avec sa herse rotative a disparu. Un matériel lourd, de plus de 100'000 francs s'est envolé en une nuit. On pense que les malfrats sont passés par Soral avant de traverser la frontière», retrace Dominique Maigre, agriculteur à Lully. «Le hangar était pourtant fermé. Depuis, j'ai installé une alarme. Mais ce qui est surtout désagréable. c'est de penser que des gens rôdent et repèrent le matériel qui les intéresse avant de le dérober. C'est une vraie agression de la sphère privée.»Luc Barthassat, agriculteur à Landecy et conseiller national PDC, constate également un accroissement du phénomène. «Depuis 18 mois, les dégâts – portes fracassées, réservoirs siphonnés, vitres éclatées, vol de matériel – se multiplient.» Ce qu'il craint, en écoutant ses confrères discuter de la situation, c'est l'accident. «D'ici à ce que l'un prenne son fusil…» Il poursuit: «Certains font des rondes avec leur chien, d'autres disent qu'ils ont toujours un gourdin avec eux. D'autres encore ont acheté des balles en caoutchouc. Il ne faudrait pas que cela dégénère.»

Entre colère et résignation

Pour Luc Barthassat, il faudrait notamment augmenter les effectifs des gardes-frontière, des polices municipales et intensifier les rondes. De son côté, Martine Roset, conseillère municipale de Satigny, note que certains maraîchers en viennent à engager des agents de sécurité privés.Mais quand on est petit exploitant, victime de maraudages, le ton est plutôt à la résignation. On ne peut pas engager de grosses sommes pour quelques cabas de pommes? «On surveille nos vignes nous-mêmes ou avec l'aide de gardes-récolte là où il en existe (lire ci-dessous)», relate Daniel Sulliger, président de l'Interprofession du vignoble et des vins de Genève. Dans les vignes, le vol de grosses quantités de raisin reste heureusement marginal» Et de conclure: «Heureusement, on va vers des très belles vendanges!»

 

Qu'est-ce qu'on risque à chaparder?

Pour le chapardage, c'est le règlement sur la police rurale qui s'applique. Les montants des contraventions dressées sont de l'ordre de 100 à 200 francs. La surveillance des vignobles est assurée par les agents de la Direction générale de la nature et du paysage, avec le concours des agents municipaux et des gardes-récolte. Des amendes sont dressées aux contrevenants. Rappelons que, comme chaque année, le Conseil d'Etat a décrété la mise à ban du vignoble genevois jusqu'à la fin des vendanges, expliquant aux citoyens que «durant la période de mise à ban, l'accès aux vignes est interdit sans autorisation écrite de l'exploitant».

1 commentaire/ + Ajouter un commentaire

Roth / 17.09.12, 15:58
Le manque de respect croissant envers nos agriculteurs et de leurs champs est révoltant Les amandes ridiculement basses ne vont certainement pas dissuader ces voyous de recommencer Afin d’y remédier vraiment, il faudrait d’une part des amandes très salés et d’autre part leurs faire payer tout les dégâts qu’ils sont causé, et si ils ont on pas le moyen financier d’indemniser l’agriculteur lésé, il faudrait en contrepartie les obliger à fournir un travail équivalent au dégât causé PS : nos agriculteurs travail tout les jours afin de nourrir la population, ils mérite notre respect

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