«Je suis toujours une sportive d'élite»
– A 21 ans, vous venez d'être élue Miss Handicap 2012?
– C'est incroyable. Une expérience unique et extraordinaire. Je suis très fière. Je remercie et félicite les organisateurs pour ce magnifique événement et j'en profite pour rappeler qu'ils ont besoin d'aide financière pour pérenniser le concours.
– Qu'est-ce que cette élection signifie?
– L'opportunité de faire passer ce message qui me tient à cœur: même avec un handicap, on peut réaliser de belles choses. Une personne handicapée est une personne comme les autres. Et j'en suis ravie.
– Quel est votre rôle depuis le soir de l'élection du 13 octobre à Lucerne?
– Je suis, pour un an, l'ambassadrice des personnes handicapées. Mon rôle est d'œuvrer pour favoriser leur intégration dans la société. J'ai également envie de m'investir pour aider les jeunes handicapés à trouver un premier emploi à la sortie de leurs études. Ce qui est toujours très difficile, surtout pour ceux qui se déplacent en fauteuil roulant.
– Comment allez-vous vous y prendre?
– Ce projet est encore en phase d'élaboration. Mais je le mènerai à bien, croyez-moi.
– Vous semblez être une jeune femme forte. D'où vous vient cette belle énergie?
– Je me suis battue tous les jours pour moi-même depuis mon accident. Et je suis encore en train de m'adapter à mon handicap - j'ai perdu presque la moitié de ma vue et je souffre de troubles de l'équilibre - et d'élaborer des stratégies pour améliorer ma qualité de vie. Mais je sais aussi qu'une existence est courte et qu'elle mérite d'être vécue. Je suis une femme optimiste et il me tient à cœur de transmettre cette énergie positive aux autres. Le livre* que j'ai publié l'an dernier a été écrit dans ce but. J'ai frôlé la mort. Aujourd'hui, je veux encourager tout le monde à profiter de la vie!
– Quel est votre quotidien?
– Je vis au jour le jour. J'ai repris mes études et espère décrocher mon Bachelor en management-marketing pour sportives et sportifs d'élite d'ici deux ans et demi. J'ai également repris la compétition à cheval. Et ça, c'est ma plus belle victoire personnelle avec, à la clé, une quatrième place au Championnat du monde de para-équestre, en 2010.
– Votre rapport au sport a-t-il changé?
– Je suis toujours une sportive d'élite. Mais j'ai dû adapter la pratique de mon sport à ma condition physique. Je suis aujourd'hui plus attentive à ma santé et je m'adapte à mon état de fatigue qui m'impose des temps de repos.
– Quels sont vos projets d'avenir?
– Je m'entraîne dans le but de décrocher ma qualification aux Jeux paralympiques de Rio en 2016. Et je cherche des sponsors pour me permettre d'atteindre mon but. Ma maman m'entraîne. Elle est mon plus grand soutien.
*«Pas à pas», de Céline van Till, aux Editions Slatkine















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