«Mon personnage est un fieffé râleur»
Laurent Deshusses - Le comédien genevois est «Le clown» de la tournée romande 2012 du cirque Knie.
Une parenthèse enchantée entre la création, en 2011, et la reprise, en 2013, de son premier one-man-show.
Laurent Deshusses - Le comédien genevois est «Le clown» de la tournée romande 2012 du cirque Knie.
- Votre personnage est un spectateur sans gêne, qui grogne tout le temps, avec un franc-parler et quelques grossièretés…
- Non, pas de grossièretés. Tout juste une ou deux familiarités du type «c'est la caque» ou «gueulez pas», et beaucoup de «te dieu, te dieu» à la genevoise. Mon personnage est un fieffé râleur!
- Votre jeu est très clownesque. Un effet chapiteau incontournable?
- Au cirque, il y a des règles à respecter. Le jeu d'acteur doit avant tout être visuel. L'émotion comme l'intention passent par la gestuelle. Il faut être à la fois simple dans son jeu et complice avec les spectateurs. Le clown est le personnage idéal. Il prend le public par la main et l'emmène avec lui. Jouer sans humour un vrai râleur pour prendre les gens à rebrousse-poil n'aurait pas fonctionné.
- Combien de fois intervenez-vous durant le spectacle?
- Sept, je crois. Mes sketches permettent aux garçons de piste de faire des aménagements entre les numéros. Je suis le clown qui rend service.
- Vous jouez avec un chien. C'est le vôtre?
- Oui, c'est Ludwig, le chien de la famille. Il a tout juste 1 an. C'est un welsch corgi, la race de chien de la reine d'Angleterre. Il m'accompagne dans l'une de mes pérégrinations. Et il est plutôt doué.
- Et le chameau, une idée à vous?
- Au départ, j'avais imaginé un numéro avec un éléphant. Mais c'était trop compliqué. Alors j'ai choisi de jouer avec Amore, c'est le nom du chameau. Et c'est sans doute le sketch qui me fait le plus flipper. Si l'animal est de mauvais poil et refuse de coopérer… faut improviser.
- Enfant, qu'est-ce qui vous faisait rêver au cirque?
- Récemment, ma mère m'a raconté que j'étais totalement tétanisé. Je n'exprimais ni joie, ni rire, ni applaudissement. J'avais juste la bouche ouverte et je regardais le spectacle hypnotisé. J'ai un souvenir très précis du numéro du célèbre pickpocket Borra (en 1980) qui m'a fasciné. Tout comme celui, en 1972, où Fredy Knie junior a réussi à faire monter une tigresse sur le dos d'une femelle rhinocéros. Ce sont des souvenirs magnifiques…
- Pour un acteur, la sensation sur scène ou en piste est-elle la même?
- Cela n'a rien à voir. Au cirque, la crainte principale est d'être bien calé dans le spectacle. Oublier son texte n'est pas le propos, on ne joue pas du Feydeau. Par contre, il faut être prêt à improviser avec l'ambiance du moment. Etre à la fois précis dans les gestes et prêt à toutes les surprises. C'est ce côté hyper réactif qui est le plus angoissant.
- Dans votre carrière le cirque représente…- Une parenthèse enchantée.
Informations: Cirque Knie, tournée 2012 avec Laurent Deshusses, sur la plaine de Plainpalais jusqu'au 13 septembre et à Nyon (place Perdtemps) les 14, 15 et 16 septembre, www.knie.ch















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