Sortie cinéma: "The Creator", touché par la grâce

«The Creator» propose un voyage dans un avenir dystopique qui conjugue les qualités du blockbuster spectaculaire avec celles d’un récit profond et intime

Marchant sur les pas de James Cameron et Ridley Scott, Gareth Edwards nous offre un film de science-fiction comme on n’en fait plus. Loin des gloubi-boulga super-héroïques qu’on nous sert à l’année façon fast-food, «The Creator» propose un voyage dans un avenir dystopique qui conjugue les qualités du blockbuster spectaculaire avec celles d’un récit profond et intime. Chez Edwards, le sentiment finit d’ailleurs par l’emporter sur le grand spectacle, comme dans son extraordinaire premier film «Monsters», sorti en 2010.

C’est une nouvelle fois le cas ici, quand, après une bonne heure et demie de cinéma balisé «classique de la SF», le réalisateur prend son envol dans une dernière demi-heure touchée par la grâce, où on est plus saisi par l’émotion de l’intime qui se joue entre les personnages que par les explosions en tout genre tout autour d’eux. Le «Clair de Lune» de Debussy, en guise de générique de fin, confirme cette sensation: voici de la belle science-fiction, généreuse tant sur le fond que sur la forme, et à contre-courant de la plupart des productions habituelles.